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octobre 2008

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Le premier voyage de La
Miséricorde est fini ; nous repartons dans 18 mois.
| Nouvelles
de Michel TORDOIR et de "La Miséricorde"
email octobre 2005
J’avais hâte de retrouver les jours sans fin, les
navs sans arrivée, ou si lointaine, l’océan du Nord, ses couleurs, sa
solitude. Et j’ai eu de la chance cette année. Que des vents portants,
peu de brumes et brouillard, beaucoup de soleil. Et ce, pour l’aller et
le retour. Un nouveau tour au Nord du cercle arctique pour aller voir le
Groenland. Bien qu’un peu tôt en saison, je tentai une approche début
juillet, mais à 60 milles du Scoresby Sound, je me suis retrouvé devant
un mur de glace infranchissable. En attendant l’ouverture, je décidai
d’aller passer un peu de temps à Jan Mayen.
Deux jours plus tard nous y étions. Longeant la
côte SE que je ne connaissais pas encore, elle m’apparut, encore plus
sauvage que dans mes souvenirs. Ce ne sont que montagnes explosées et
roches déchiquetées, tendant parfois vers le ciel des éperons acérés.
C’est noir et blanc, noir de roches volcaniques, blanc de neige. Cela me
coupe le souffle, c’est d’une beauté sans douceur, mais tout en force,
comme un combat pour la vie.
Après
une semaine passée de baie en baie, il y eut ce jour, important pour la
suite du voyage. Pour préparer un repas, je dus ouvrir la dernière
réserve de riz. Alors je fis une vérification complète. Le bilan fut à
l’image du riz : c’était la fin des haricots. J’avais assez de vivres
pour revenir à l’aise à Bruxelles et ça s’arrêtait là. C’est donc ce que
je devais faire… et ce que je fis.
Je m’arrêtai toutefois
encore un mois aux Shetland, ce fut le temps des « au revoir ». Un temps
où toutes les excuses sont valables pour remettre le départ. Mais fin
août, il le fallait, je mis en route vers Amsterdam où Anne embarqua.
J’étais content que son agenda professionnel lui permette une semaine
d’absence, et qu’elle puisse (et accepte !) nous accompagner, La
Miséricorde et moi, dans les derniers milles du premier voyage.
Après, ce fut Ostende,
où, sur l’estacade, je reconnus mes parents, Céline ma fille, Nestor et
Maorie, les amis du départ. Rien n’a changé. Nous nous retrouvons, et
bien vite nous tombons dans les bras des uns des autres.
Ensuite l’histoire
touche à sa fin. Nous avons passé le dimanche comme tous bons belges
quand ce jour est ensoleillé : à arpenter la plage, les pieds dans l’eau
des vagues mourantes, les chaussures à la main. Le lundi presque tout le
monde pris le train, vers Bruxelles ou le Sud de la France. Quant à mon
père, Anne et moi, nous sommes repartis pour la dernière fois en mer. Au
soir nous avons jeté l’ancre dans l’embouchure de l’Escaut, derrière la
petite île De Bol, au large de Breskens. Le mardi, nous avons remonté
l’Escaut jusqu’à Ruppelmonde et le mercredi nous sommes allés jusqu’au
Bryc où La Miséricorde a retrouvé sa place quittée trois ans et deux
mois plus tôt.
Le premier voyage de
La Miséricorde est fini ; nous repartons dans 18 mois.
Entretemps, je vais
découvrir un nouveau métier, celui de l’édition. Je vais en effet
essayer de publier un livre que je viens de terminer. Aussi, je replonge
dans le monde du travail pour remplir la caisse de bord.
Et comme toujours,
des infos plus complètes et plus de photos sur www.lamisericorde.free.fr
Email du 18/06/2005
Après une circumnavigation de
l'Ecosse en avril et mai, j'ai traîné dans le Firth of Clyde, au
sud-ouest de l'Ecosse, jusqu'à aujourd'hui.
Cette région est vraiment
merveilleuse pour qui aime les décors spectaculaires et pour qui n'a pas
peur de l'incertitude météo. Chaque endroit est différent et chaque
endroit essaie d'être le plus beau. Le voyageur va vraiment de surprise
en surprise. Et constante, partout les gens m'accueillent vraiment
chaleureusement. C'est un vrai plaisir. Il y a notamment l'île d'Arran,
que les prospectus touristiques appellent l'Ecosse en miniature.
C'est un endroit idéal pour
les amoureux de la nature, qu'il soit promeneur, marcheur, cycliste,
marin, qu'il s'intéresse à la géologie, la faune ou la flore voire au
golf.
L'île s'étant sur une bonne
trentaine de kilomètres nord - sud et sur moins de 20 kilomètres
est - ouest, et présente des collines, des plaines, des montagnes, des
rivières, un cercle de pierre, des grottes, des baies, des bois, des
plaines, des châteaux.
C'est assez complexe au
niveau géologique, l'île est traversée par la faille qui est la
frontière Lowlands - Highlands.
Ainsi le sud est plutôt un
paysage de collines, et le nord montagneux avec le Goat Fell qui culmine
à 872 mètres, lui-même entouré de plusieurs sommets de 800 mètres.
Mais sinon, Bute, Islay,
Jura, Geigha, Kintyre sont autant d'endroit qui valent vraiment la
peine.
Il est maintenant temps pour
moi de mettre en route pour le nord. Au programme de l'été, il y a
l'exploration du Scoresby Sound, le plus grand fjord du monde, sur la
côte est du Groenland.
Je vous en dis plus en
septembre.
Et pour ceux qui veulent des
détails et des photos, vous êtes les bienvenus sur
www.lamisericorde.free.fr .
Michel
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (12)
Mail du
16/11/04
J'ai passé plus d'un mois en Islande, je n'ai vu qu'une petite
partie, mais quelle belle et surprenante île. Encore un vrai
pays Viking. Des marins, que des marins, du pêcheur au facteur
! La mer est le pilier unique de son économie florissante.
Géologiquement, l?île est très jeune : 60 à
70 millions d?années. Quand les éruptions volcaniques
atteignirent le niveau de l?océan et construisirent le pays,
les dinosaures avaient déjà disparu du globe.
Pour faire simple, on peut dire que falaises, fjords et ports forment
une ceinture qui enferment volcans, déserts et glaciers. Les
promenades, à pied, en bateau ou en 4x4 offrent des décors
à chaque fois différents et toujours grandioses.
J'y serait
bien resté plus longtemps, mais au mois de septembre, arrivèrent
des icebergs, de la neige et des coups de vent. Il était temps
de rejoindre les Shetland où je vais à nouveau passer
l'hiver. Ce fut une belle traversée vivifiante, parfois bien
venteuse.
Depuis
mon retour, j'ai préparé des photos pour illustrer cette
année de navigation et aussi j'ai aussi le plaisir de vous
annoncer que dès à présent La Miséricorde
a son site internet www.lamisericorde.free.fr . Le but de ce site
est de mettre à disposition de tout le monde mes nouvelles
complètes, illustrées de nombreuses photos.
Il y a
moyen de s'abonner à une newsletter pour ceux qui préfèrent
recevoir les nouvelles par e-mail (ou savoir que de nouvelles photos
sont sur le site). Un forum existe permettant de discuter du voyage
ou de ce que vous voulez. Par la force des choses, je n'y serai pas
très souvent et mes réponses à d'éventuelles
questions seront parfois tardives.
Quelques
autres pages aussi, allez voir, vous serez accueillis à chaque
visite aléatoirement par une des photos du site.
Le site
est en hébergement gratuit, le volume est donc limité.
Petites photos, pas trop de pages (en dehors des nouvelles), ... je
le developperai peut-être un jour, mais je le répète,
au jour d'aujourd'hui, l'unique but est la mise à disposition
de mes nouvelles.
A bientôt
Michel
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (11)
mail
du 24/08/04
J'espère
que l'été vous a offert quelques belles navigations
et que vous avez pu en profiter comme vous vouliez.
De mon côté,
depuis plus d'une semaine à Akureyri dans un fjord du nord
de l'Islande, depuis trois semaines sous un splendide soleil, voici
quelques nouvelles pour le site du Bryc.
La Miséricorde et
moi avons passé au printemps deux mois en Ecosse, dans les
Hébrides Extérieures. Splendides de solitudes. Ce sont
des îles arides, des îles collines, des îles montagnes,
des îles rochers, d'immenses plages de sable blanc ou des falaises,
avec oiseaux de terre, aigles et coucous et oiseaux de mer. Les lochs
sont parfois de vrais labyrinthes d'îles où, au centre,
on débouche sur un petit plan d'eau où l'on peut ancrer.
Loch
Scadabay, sur Harris, est lui un loch qui donne dans un loch. Son
entrée
n'est pas large et va en se rétrécissant. Après,
nous avons débarqué sur un plan d'eau circulaire. J'ai
ancré au milieu, dans trois mètres d'eau, fond de sable.
A marée basse il me manque 10 cm d'eau, alors pendant quelques
minutes, La Miséricorde se repose un peu. Le soir, quand le
vent tombe, je m'assied sur le bib et je regarde ce royaume. Grandeurs
et quiétudes
gaéliques, solitude, paix, si loin de la folie des hommes.
Dédale de bras
de mer entre rochers et avancées de terres.
Au loin les montagnes,
plus près les collines, des fougères, beaucoup de bruyères.
Terre blanche des cultures, parfois, terre noire de la tourbe, presque
toujours. Terre d'eau aussi, on ne sait si les îles se sont
fait une place dans l'océan ou si c'est l'océan qui
aurait oublié de tout couvrir. Fascination. J'ai l'impression
d'être seul au monde, seul survivant de je ne sais quoi, et
cela m'émerveille.
J'ai aussi passé
quatre jours dans l'archipel de St Kilda, les îles les
plus isolées des îles britanniques qui émergent
de l'Océan Atlantique 41
miles à l'ouest des Hébrides Extérieures. Elles
possèdent les statuts de réserve naturelle (national
nature reserve), patrimoine de l'Ecosse (National Trust for Scotland)
et patrimoine de l'humanité (Word Heritage
Site - UNESCO) tant ses aspects sont uniques, divers et riches. Il
y a 60 millions d'années, l'activité volcanique nord-atlantique
créait les îles écossaises, féringiennes,
islandaises, . . .
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St Kilda était
alors un des volcans principaux. Un jour, il dut éternuer horizontalement
et détruisit
un des pans de son cône, il ouvrit son cour à la mer.
L'activité volcanique calmée, l'érosion, les
vents et les tempêtes ayant arrondis bien des angles et ayant
emporté le plus friable, il ne reste aujourd'hui autour de
Village Bay, l'ancien centre du volcan, que falaises verticales, pitons
rocheux de
100 à 200 mètres et trois îles à l'accès
difficile.
Pourtant, elles furent
déjà habitées il y a 4 à 5.000 ans. Et
même peuplées de moutons qui ne subiront jusqu'à
aujourd'hui aucune influence extérieure, aucun croisement,
ce qui permit par des tests ADN, de développer des théories
d'évolution par comparaison avec d'autres moutons d'autres
îles. Il y a peu de restes
archéologiques de cette époque. En revanche, de l'âge
du fer, il reste le village complet de petites maisons de pierres
datant de 2000 ans, un peu sur les hauteurs de la baie. Plus bas,
intact aussi, les maisons, toujours de pierres, sans fenêtre,
mais plus grandes de 1830. Et juste à côté, plus
bas encore, une rue avec les maisons construites en 1880 et quittée
lors de l'abandon de l'île en 1938. En se positionnant dos aux
quatre bâtiments modernes construits à l'extérieur
de ces villages, il suffit de bien peu
d'imagination pour voir vivre cette île. Tout est là,
intact, il ne reste
qu'à imaginer des gens. C'est vraiment étrange, c'est
un voyage dans le temps fascinant.
Vers la mi-juin je mis
en route vers le nord, passai une semaine aux Féroé,
puis une longue navigation de 26 jours m'amena à Longyearbyen
au Spitsberg.
Navigation dans les glaces, escalade du mât à la recherche
d'eau libre, navigation au pied de montagnes ou devant des glaciers.
Nouvelles expériences et autres fascinations. Mais je n'eus
pas d'impression de solitude comme à Jan Mayen par exemple,
il y en a du monde au Spitsberg! En fait 40.000 visiteurs de toutes
sortes par an. Je remontai la côte ouest jusque 79° 22',
jusqu'à être stoppé par les glaces. Il y en a
beaucoup
cette année. Alors je fis demi tour et au terme de 25 jours
me voilà en
Islande.
Pendant ces deux navigations,
j'ai pu observer beaucoup de cétacés. Souvent ils ne
sont que de passage, mais de temps en temps j'eus la chance de mieux
les voir. Un jour, il est l'heure de faire mon virement de bord quotidien
dans ma quête des
milles vers le nord, et je sors. Par reflex, je jette un
coup d'?il circulaire. C'est un jour où le vent n'est pas à
son 2-3 beaufort habituel mais à 5. La mer écume un
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peu. Devant le bateau,
je vois
soudain un jet d'écume soufflé à l'horizontale
par le vent. Je pense à une vague pyramidale que vient de mourir.
Puis non ! il y a quelque chose sur l'eau, c'est gros, ça souffle
une nouvelle fois, c'est un cachalot. Coup d'adrénaline parce
que, d'une part, il est devant le bateau à peut-être
50
mètres et surtout il semble ne pas bouger. Je prends la barre
en main et suis prêt à mettre à tribord ou bâbord.
Mais cela ne sera pas nécessaire, le hasard nous fera passer
deux à trois mètres à côté de lui.
Je le vois respirer régulièrement, mais sinon il ne
fait aucun mouvement, il dort !
Quand nous sommes au plus prêt, il se réveille, sort
sa grosse tête et
regarde ce bateau qui passe et trouble son repos. Puis il regarde
dans l'eau, puis encore à l'extérieur. Mais nous nous
éloignons déjà l'un de l'autre et je ne présente
pas de danger pour lui, alors il remet sa tête dans l'eau, seul
l'évent affleure la surface, il reprend son somme. Je le regarderai
le plus longtemps possible aux jumelles, il ne sondera pas.
Une autre fois, je suis
en vue du Spitsberg depuis presque deux jours (j'ai vu les montagnes
à une distance de 75 miles), à l'ouest de King Karls
Forland, où les fonds remontent à moins de 100 mètres.
Encalminé. Je suis sur le pont, j'admire les pics impressionnants
quand j'entends le souffle des baleines. Mais je ne vois rien. Il
fait tellement calme et tout est
tellement silence, que ce que j'entends se passe à plusieurs
milles de moi.
Aux jumelles, je vois nettement les jets provoqués pas les
respirations.
Cela semble sans fin et les cétacés ne se déplacent
pas. Quand revient un peu de vent, je fais route vers eux, puis pendant
une heure, je vais
traverser leur " salle-à-manger ". Beaucoup de rorquals
qui passent en surface comme des dauphins, mais aussi des baleines
franches qui elles, après avoir respiré, sondent en
dressant leur nageoire caudale à la verticale. Quelle beauté
!
Sinon je verrai aussi de
ombreuses fois des dauphins (orques, lagénorhynques à
flancs blanc et communs).
Quant à l'Islande,
j'en parlerai une prochaine fois, quand je les aurai
mieux vues. En tout cas, je suis déjà sous le charme.
***J'enverrai quelques
photos, mais ne pourrai pas le faire avant octobre. Mon appareil digital
à rendu l'âme aux Féroé, pour le Spitsberg
et l'Islande je n'ai que des dias, mais je devrai les développer
et les faire scanner. A
suivre.
Salutations marines et
ensoleillées.
Michel
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (10)
mail
du 18/05/04
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Après l'hivernage,
j'ai remis en route fin mars. Avec Anne, une amie française,
nous avons quitté les Shetland, visité les Orcades et
l' Ecosse, côte Est, où elle à débarqué.
J'ai alors repris mes navigations
solitaires. J'ai contourné le Nord de l'Ecosse, passé
Cape Wrath, pour aller à Stornoway dans les Hébrides
Extérieures.
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Depuis, je les descends
lentement de mouillage en mouillage, de lochs (les fjords d'ici) en
îles parfois désertes.
Au programme du printemps
: les Hébrides et Saint-Kilda. Puis, à la mi-juin ,je
mettrai en route pour le Spitsberg que je devrais quitter début
août pour aller en Islande. Après, on verra!
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (9)
mail
du 01/09/03
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J'ai quitté les
Féroé le 15 juillet pour le Spitsberg, un peu tard
dans la saison, je n'avais pas trop de temps à perdre, pourtant
je voulais faire une escale rapide à Jan Mayen.
Sans le livre de bord,
je ne saurais dire combien de temps dura le voyage.
D'autant plus que sans nuit, le temps s'écoule comme un long
ruban de vie qui pourrait ne jamais finir. C'est parfois du plein
ciel bleu, soleil à volonté, c'est le passage du cercle
arctique, la magie d'une mer de brume où La Miséricorde
trace un sillage dans l'Histoire des routes Vikings, dans les étendues
des latitudes solitaires.
C'est une route, vent de
travers, 3 Beauforts, le bateau sans aucune gîte, sans rouler,
juste tout droit, je mange à table comme au restaurant trois
petits lieux noirs juste pêchés, c'est un calme blanc
de 12 heures, c'est un petit rorqual curieux, qui fera deux fois le
tour de La Miséricorde et que j'observerai en détail
: c'est d'abord la tête qui émerge, presque à
la verticale, alors on voit la gorge blanche, toute lignée,
et quand la tête replonge, la petite bosse derrière le
front qui est l'évent, en fait une paire de narines, le souffle,
le dos, la dorsale. C'est beau. C'est encore mon premier soleil de
minuit, un quart sous l'horizon, le reste au-dessus, à minuit
pile, minuit vrai, dans un ciel dégagé, et ma route,
droit dessus. Les pétrels ne me quitteront jamais, je ne serai
jamais seul.
Lentement la température
de l'eau de mer descend, 8°, 7°, et dehors 12°, 11°,
10°. Mais il semble que mon corps s'y soit tout à fait
accoutumé, je suis toujours en " deux couches ",
un tee-shirt manches courtes et dessus un tee-shirt manches longues.
Et après huit jours de navigation, voilà Jan Mayen.
Escale rapide ! Une escale rapide à l'île merveilleuse
? Quel gâchis ce serait. J'y resterai deux semaines.

Quel voyage que cette île,
un petit tour au commencement des mondes. L'île n'est pas finie,
d'ailleurs aucune terre n'est finie, toute évolue encore, mais
en prenant nos pays comme point de comparaison, Jan Mayen semble née
hier. Des volcans non éteints, dernière éruption
en 1971, des tremblements de terre, souvent minimes, parfois conséquents,
en juin 2003, 200 tremblements, dont un seul important, 4.3 sur l'échelle
de Richter. Il a ouvert une crevasse dans une plaine.
Les falaises s'effondrent
continuellement, des glaciers actifs creusent les collines, rabotent
les côtes, les plages en formation bougent, se déplacent,
cherchent le meilleur endroit. Je vais avoir un coup de foudre. Des
déserts de sable noir, des plages de sable noir, des collines
noires ou vertes ou rouges, trois lacs d'eau douce, une montagne,
le glacier et ses neiges éternelles. Enfin, éternelle,
sauf quand le volcan se réveille, parce que les deux ne font
qu'un ! Et des oiseaux, comme nulle part ailleurs, des milliers et
des milliers. Sur les plages, du bois flotté à volonté,
récent, vieux de centaines d'années aussi et parfois
même de plus de mille ans, des os de baleine, des ruines de
stations de chasse.Et voilà comment il me faut à nouveau
changer mes plans, mais ce n'est pas moi qui vais me plaindre, mais
mon escale éclair à Jan Mayen s'est transformée
en quinze jours d'émerveillement. Juillet est passé,
si je mets en route pour le Spitsberg, au mieux, j'y arriverai quand
il est conseillé de le quitter, la belle saison étant
finie. Pas sage, pas sage. Alors, en toute logique, je remets le Svalbard
à
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l'année prochaine,
mais pas tout à fait, j'ai le temps d'aller voir l'Ile aux
Ours, qui est la plus sud des îles du Svalbard, (le Spitsberg
étant la plus ouest). Et j'ai même le temps de d'abord
pousser une petite pointe vers le Groenland pour voir si la banquise
existe.
Après une bonne
trentaine d'heures de navigation, l'eau refroidi vite, très
vite, c'est la fin du jour, il n'y a pas de soleil, donc pas d'iceblink
(réverbération du soleil sur les glaces). 3 degrés,
je me prépare à manger, quand par le hublot, je vois
passer un glaçon. Je prends mon repas dans le cockpit, et je
mangerai en entrant dans les glaces. D'abord de petits, tout petits
morceaux, si jamais j'en touche un ce n'est vraiment pas grave.
L'eau est à 1°C, et très vite on entre dans le brash.
Toutes voiles dehors, je dois maintenant zigzaguer mais je vais trop
vite. J'affale la
grand-voile, j'enroule un peu le génois, et poursuit mon chemin.
Bien vite encore, je dois tout affaler, et avancer prudemment, lentement
au moteur, afin de pouvoir contourner les blocs, les pousser, parfois
me faire un chemin. Je suis maintenant dans le pack. La visibilité
n'est pas excellente, et j'entends le ressac comme si j'étais
au pied d'une falaise. La mer a creusé les glaces et la houle
brise dans ses cavités avec des bruits sourds. Ce ne sont pas
des icebergs que je vois, mais des morceaux de la banquise, de toutes
formes, sculptés, érodés, puis brisés
par la mer.
Alors ils chavirent, trouvent d'autres équilibres. Tout est
en mouvement.
Et même arrêté,
comme la glace et La Miséricorde ne dérivent pas de
la même façon, à la même vitesse, les rencontres,
les frottements, les chocs sont continus.
Au bout de quelques heures
de ce jeu passionnant, je mets toutefois le cap à l'Est, vers
l'Ile de l'Ours. Il n'est pas dans mes intentions, cette
année, de m'éterniser dans la banquise. Surtout en solitaire.
Il nous faut traverser d'ouest en est la Mer de Norvège, de
part en part, puisque je suis en mer du Groenland, et que dix jours
plus tard nous serons en Mer de Barents, au mouillage, à l'est
de Bjornoya. Encore une fois, une navigation
en douceur. L'été dans le Grand Nord est vraiment calme.
Brume, brouillard ou soleil, de un à quatre Beauforts, c'est
de la belle navigation tranquille. Cinq ou six Beauforts, c'est possible,
rare, et c'est le maximum que l'on peut avoir normalement.

Je vois très souvent
des rorquals, tous les trois ou quatre jours. Je ne pensais qu'il
y en avait autant. Je verrai aussi, une seule fois, des
cachalots. Une seule fois, mais ils m'offrirent une belle image. Ils
sont venus respirer trois fois, le corps alors à l'horizontale,
s'oxygénant sans doute pour une plongée profonde, puis
à la quatrième respiration, ils ont tour à tour
sonder. Alors ils basculent le corps et dressent leur nageoire
caudale vers le ciel et 'enfoncent lentement dans les flots.
Bjornoya ou l'Ile de l'Ours
ou Bear Island est facile à décrire : c'est un
triangle isocèle, dont le sommet pointe vers le sud. Au sud-ouest
une
colline irrégulière, au sud-est trois collines régulières,
et la moitié
nord est une plaine plate de rocaille avec quelques lacs d'eau douce.
Il
n'y a pas de mouillage absolu, il faut toujours être près
à lever l'ancre à
tout moment.
Une semaine sur place,
puis il est temps de remettre en route. J'ai décidé
de repasser un second hiver dans les Shetland.
Très vite la température
de l'eau monte jusqu'à 10°, petit vent et grand soleil,
je passe ma vie sur le pont. Juste passé les 70° Nord,
je joue au lézard.
En plein Gulf Stream, l'eau
est maintenant à 16°. Sans nuit cela veut dire qu'il fait
toujours au moins 16° aussi à bord,
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et comme pour le moment
c'est toujours plein soleil, sur le pont j'ai plus de 20°. Je
fais du matelotage, je lis, je bronze et je regarde passer les rorquals.
J'ai remarqué quelque chose d'amusant. Je trouvais avoir de
la chance de toujours voir ces cétacés près du
bateau, et pas au loin. Mais il n'y a là aucun hasard. Ayant
passé quelques jours complets sur le pont, j'ai pu observer
le phénomène suivant.
Les rorquals émergent
au loin, suivant une route différente de La
Miséricorde. Puis changent leur cap et se rapprochent, et vienne
respirer juste à côté du bateau, toujours par
le travers, un peu sur l'arrière, à deux trois mètres.
Replonge, et la fois suivante où je les vois respirer, ils
sont loin devant, et à nouveau sur leur route. Courant parallèlement
aux côtes norvégiennes, je pense d'ailleurs être
sur leur route de déplacement. Par deux fois, je me suis fait
rattraper par un groupe de 20 à 24 animaux.
Mais ils ne sont pas comme un banc de poissons, ils voyagent comme
un rang d'écoliers, deux par deux, tenant largement leur distance.
Ce qui fait que
pendant une heure, toutes les cinq minutes, deux rorquals, un à
tribord et un à bâbord viennent me faire un petit coucou.
C'est très pratique, parce qu'en général ils
n'émergent pas tous les deux juste en même temps. Ainsi,
si je rate le premier, je regarde de l'autre côté et
dans la minute qui suit, bingo, coucou et bon voyage l'ami, voilà
le second qui passe.
Après ce sera l'adieu
à l'arctique, et quelques jours plus tard le retour
dans des régimes dépressionnaires. Fini le bel anticyclone
de l'été
polaire. La température de l'eau redescend à 14°,
la bronzette, c'est fini. Le vent rentre, on accélère
considérablement le rythme, la météo parle de
fortes brises, voire de coup de vent, nous sommes à la fin
août par 63 °, c'est normal. Mais si je pouvais éviter
les 8 beauforts, c'est sans hésitation. Je voulais retourner
directement à Foula qui fut ma dernière escale avant
les Féroé, mais ce sera impossible par manque d'abri
si le temps devient mauvais comme cela semble de plus en plus se dessiner.
Je
vise alors les côtes est où existent de bons ports. Une
première dépression remonte la Norvège, j'ai
mis de l'ouest dans ma route, et le coup de vent me rate, je n'ai
que du 6, les 8 sont passés à une soixantaine de milles.
Une autre arrive, d'ici trois jours, et ce coup-ci, je me la prends
si je
ne suis pas dans un port. Je file plein sud vers Baltasound, port
le plus Nord, sur Unst. Deux choses se passent alors, d'abord j'arrive
à temps en vue des côtes shetlandaises, et d'autre part
la dépression diminue en force
jusqu'à 6 beauforts. C'est donc le coeur léger que je
m'apprête à retrouver mes îles aimées.
Et c'est à nouveau
le coup de foudre, joyeuses retrouvailles. Il fait
soleil, il y a du vent, le bateau avance bien, c'est vivifiant sans
être le combat. Rien à faire, je suis à nouveau
sous le charme. Baltasound, sur Unst, 14 jours de navigation et me
voilà amarré à l'extérieur du port, dans
la baie, comme cela je suis sous le vent du quai.
J'ai la vue sur la baie. Repos. Le lendemain de mon arrivée,
le Swan
arrive. C'est un bateau de pêche de 100 ans reconvertit en bateau
de
croisière. Retrouvaille avec le skipper, en un an c'est la
troisième fois que l'on se croise, chaque fois à un
autre endroit, et on a des choses à raconter. Il a cette fois
un équipage de 6 hommes et font le tour des Shetland. Je prends
leurs amarres, il se met juste devant La Miséricorde.
- D'où venez-vous
?
- De Out Skerries, et toi, depuis longtemps ici ?
- Non, depuis hier, je viens de Bear Island.
- Quoi ? Vient à
bord, et
raconte !
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (8)
mail
du 10/07/03




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Un mois et demi dans l'archipel
des Iles Féroé. Après des débuts difficiles
je me suis mis à comprendre la météo et les gens
et, petit à petit, j'ai pu un peu percer leur personnalité.
En définitive,
ce tour des îles me laisse pas mal de très beaux souvenirs,
d'agréables et parfois
surprenantes rencontres, des promenades, des fêtes, des découvertes...
Mais il faut prendre son temps.
Les 18 îles qui forment
l'archipel sont, à l'exception de la plus au sud, très
proches les unes des autres, et offrent des navigations
passionnantes. Courants très importants, tourbillons et déferlantes,
brouillard toujours possible, voilà pour le côté
concentration et tension.
Falaises vertigineuses, jusqu'à 500 mètres, détroits
étroits, tortueux, solitude, ça c'est le côté
exaltant.
Pour les promenades, ce
ne sont que
montagnes et collines inaccessibles, même pour les moutons,
entre lesquelles des passages par terre ou par mer sont possibles.
Elles sont
évidemment à l'image très fatigantes. Ca monte,
grimpe sec, parfois il faut faire demi-tour, le terrain devenant impraticable.
Il y a moins d'animaux qu'aux Shetland et ce sont à peu près
les mêmes, mais dans d'autres proportions. Très peu de
fous de Bassan, des pétrels, des macareux moine. Les goélands
sont presque exclusivement des goélands marins, des mouettes
et des labbes, grands et
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arctiques; et beaucoup
de sternes arctiques.
J'ai pu aussi voir des
oies sauvages, et les oisons.
Les rencontres que je ferai viendront des gens en vacances.
Des gens originaires d'une
île, d'un village, mais qui sont allés vivre dans une
ville en gardant leur maison familiale comme seconde résidence,
pour les vacances ou le week-end. Ces gens-là ont l'esprit
beaucoup plus ouvert, et quand ils voient un voilier venir s'amarrer
à ou près de leur village, ils sont vraiment contents.
Alors, je suis invité, on me fait goûter les spécialités
locales ou nordiques, blackfish, renne, mouton à la mode féringienne,
poisson séché. Je participe à des fêtes
locales, notamment la fête du solstice d'été,
on m'explique les traditions, et on essaie d'excuser et d'expliquer
le comportements des villageois.On chante et on fait beaucoup de musique
aussi.
Comment conclure ? Tout
en opposition. Nature grandiose et splendide pour amateur de mer et
de marche, mais météo capricieuse.
Avec les gens, c'est
tout ou rien, avec la lumière aussi, avec brume et brouillard,
on ne voit
rien, sinon, c'est la lumière 24 heures sur 24, plus de nuit
du tout.
A voir certes. Je suis
surtout content d'être resté un mois et demi aux
Féroé, cela m'a permis de découvrir le bon et
beau côté de l'archipel.
Et maintenant, en route
pour le Spitsberg.
Michel
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Nouvelles
de "La
Miséricorde" (7)
mail
du 12/06/03


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Quelques
petites nouvelles pour le site de mon Club:
Après avoir passé
neuf mois aux Shetland, ce n´est
pas sans un profond pincement au coeur que nous les avons quittées.
La Miséricorde
et moi avons pris la mer avec pour destination un autre archipel,
cent pour cent atlantique cette fois, les iles Féroe.
Vraiment montagneuses,
rudes, spectaculaires, les
ballades nécessitent de bons mollets et les navigations un
bon radar, ce mois de juin etant particulierement mauvais, brouillard
et pluie prédominent
largement. Mais je ne désespere pas de voir bientot le soleil,
je suis encore ici quelques temps.
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A bientot et bonnes navigations
a tous ceux qui s´en vont s´ioder les poumons cet été.
Michel


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Nouvelles de "La Miséricorde" (6)
mail du
26/04/03
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Un soleil
printanier, les oiseaux
qui se baladent par couple en chantant
des histoires d'amour, un goéland qui passe avec de la bruyère
dans le bec, des jonquilles dans le jardin protégé d'Elizabeth,
les guillemots qui ont leur plumage nuptial, c'est une vie intense
qui reprend partout. Le vent du large, mais je devrais dire la douce
brise pour le moment nous donne des envies de voyage.
Non pas que nous sommes
mal où nous sommes, bien au contraire, mais un marin, un bateau,
c'est fait pour partir, pour voyager.
C'est un peu comme une maladie, c'est irrésistible. Et puis
ce ciel bleu,
ce soleil qui embellit ce mois de mars, ? Enfin pas la peine de se
chercher des raisons, en avant, à larguer les amarres.
Et pour se chauffer les
écoutes, pour se dérouiller les drisses, quoi de mieux
qu'un petit saut aller retour vers Amsterdam.
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C'est aussi une manière
de se rapprocher de Bruxelles où Elise a rendez-vous avec un
médecin, spécialiste européen concernant ses
soucis. Verdict : repos maximal, pas de mer, pas de froid, pas de
stress, cure et traitement pour au moins un an. La
conséquence de tout ceci, c'est que de retour à msterdam,
Elise fit ses bagages, mis son sac à terre, et je suis reparti
seul pour les Shetland pour continuer le périple comme prévu.
Plus de six jours à
l'aller, moins de cinq au retour ( j'ai découvert un petit
raccourci ! ), 1200 milles au compteur, et à huit heures trente,
le lundi 23 avril 2003 je frappe les amarres sur le petit quai de
Fair Isle, pour la découverte des Shetland au printemps.
Fair Isle, c'est pour
moi la plus belle des îles shetlandaises. A l'écart des
autres, un peu isolée, ce qui
la transforme en escale
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idéale pour quantité
d'oiseaux. Après l'avoir découverte à la fin
de l'été passé, je veux la voir au printemps,
en pleine activité.
Et en effet, cela regorge
d'oiseaux on ne peut plus occupés.
Les uns font encore la
cour à leurs ulcinées, caquetage bien sonore et concours
d'escrime à coup de bec, d'autres plus avancés en affaire
en sont à la construction des nids.
Les pétrels sont
en nombre encore plus conséquent, comme les fous de Bassan
que l'on peut même voir de près, les guillemots volent
après avoir flottés tout l'hiver, les premiers macareux
moine avec leur gros bec tout coloré sont arrivés, des
eiders, des goélands, des cormorans, ?
Enfin, il y a du monde.
De nouvelles aventures
commencent.
Michel Tordoir.
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Nouvelles de "La Miséricorde" (5)
mail du
22/02/03
Bonjour à
tous,
Les mois s'écoulent
paisiblement, moins froidement qu'en Belgique, avec plus de soleil
malgré les jours plus courts (quoique dans un mois ils seront
plus longs que chez vous!), avec plus de vent aussi. Mais nous sommes
vraiment bien abrité au fond du fjord, et cela ne pose aucun
problème. Deux jours de neige, pas plus cette année.
Presque tous les jours je vais faire
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une petite balade sur
l'eau,avec l'annexe, dans les détroits, autour et sur les îles
des environs.
Découverte de la nature et de ses habitants hivernaux, marsouins
et phoques; fous, goélands et pétrels; loutres; petits
pingouins et guillemots, ...
Je pars souvent sans idée préconçue, et une fois
en mer la direction à prendre se dessine toute seule. Mes explorations
continuent. Depuis
quelques jours le comportement des oiseaux change. On voit se former
des couples. Je pense que bientôt, la construction des nids
va commencer.
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Quelle richesse tous ces
mondes que je ne devinais qu'à travers le brouillard des livres.
Des images c'est déjà un bon complément aux mots,
mais le vivre, cela n'a aucune autre pareille.
Et sinon, invitations et visites, petits ou grands tours dans les
îles en voiture, quelques fêtes dont la plus importante,
Up Helly Aa, fête de tradition Viking, est la fête du
feu. Pas le temps
de s'ennuyer une seconde!Vive
le voyage. Vivent les Shetland.Michel
Tordoir
o/b La Miséricorde

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Nouvelles de "La Miséricorde" (4)
Mail du 17/10/02 23.35
La Miséricorde est aujourd'hui tranquillement
amarrée avec une vingtaine de barques de pêche dans une petite marina
au fond d'un fjord, le Mid Yell Voe.
Les Shetland sont tellement merveilleuses,
que nous avons décidé d'y passer l'hiver, afin aussi de pouvoir profiter
pleinement du prochain printemps, renaissance de la flore et retour
des oiseaux nicheurs.
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D'ici là,
l'hiver nous offre les jeux de jeunes phoques nés en octobre, la beauté
des grèbes huppés et des plongeons catmarins, l'exploration en annexe
des îles désertes avoisinantes ... les jours où il ne fait pas trop
venteux.
Même en cette froide saison la nature se révèle
à nos yeux d'une richesse surprenante. Et quand nous ne pouvons sortir,
nous préparons notre prochaine navigation estivale qui sera consacrée
au Spitsberg.
Je vous souhaite, ainsi qu'à tous les membres
du Bryc, un joyeux Noël et une bonne année 2003 ...
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...et vous joins un petit montage en forme de bons voeux.
Cette photo, allégée pour ce mail, ainsi que d'autres sur Yell, le
fjord et l'amarrage d'hiver par exemple, vous seront envoyées d'ici
une bonne quinzaine.

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Nouvelles de "La Miséricorde" (3)
Mail du 28/10/02 23.35
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Nouvelles de "La Miséricorde" (2)
Mail du 13/10/02 19.36

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Je vous reviens avec de
la matière pour le site du Bryc. (...) Nous sommes pour le moment dans
les Shetlands où nous cherchons un coin bien protégé pour passer l'hiver.
(...)
PS : je suis à Unst, et j'ai une possibilité
d'accès au net. J'irai probablement jeter un coup d'oeil aux pages
provisoires du BRYC que vous m'avez renseignées. (...)
(les photos vont vous parvenir via un mail de
ma maman) :Carte : en annexe.
< le trajet.......les Shetlands
>
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Photo
ASAP dès que réception (note du web maître)

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Nouvelles de
"La Miséricorde"(1)
Mail du 06/09/02 08.42
Bonjour,
J'ai quitté Bruxelles
avec "La Miséricorde" début juillet et suis en croisière
lointaine pour ... le plus longtemps possible!
Mon programme : d'abord
un tour complet de l'Ecosse, puis Norvège, Spitzberg, Islande, et
puis on verra...
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...Pour le moment, nous avons vu la côte
Nord-Est de l'Ecosse, les Highlands et les Orcades, que nous allons
quitter bientôt pour les Shetlands.
(...)
Voilà, cela me ferait plaisir
d'apporter du voyage dans les pages de la revue du Bryc, et en attendant
de vos nouvelles, je vous envoie mes salutations marines et venteuses.
Michel Tordoir
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michel.tordoir@tiscali.be
Pour des raisons techniques dues
à la connexion internet à bord, prière de n'envoyer que du texte à
Michel, pas d'images ou autres documents joints.
Merci d'avance.
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