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octobre 2008

 

 

 

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MJ19 : Lagos – Cadiz - Lagos 15/09/2006

Héééé oui… déjà mi-Septembre… comme le temps passe vite…
Et pourtant certains jours durent un siècle, naviguer par mauvais temps ou avec forte houle, naviguer sans vent uniquement au moteur avec une mer formé de face et/ou avec la peur dans le ventre pour une éventuelle panne de moteur, de pompe à eau, ou insuffisance de carburant etc…

Mon séjour à Club Nautico de Santa Maria, juste à côté de Cadiz, c’est terminé seul une fois de plus.
Arrivée ensemble avec le Kismet et le Pacific Blue.
Trois jours plus tard ils ont continué leur descente direction Tanger, pour ensuite longer ensemble la côte Marocaine suivie de la traversée pour les Iles Canaries.
Ensuite le Pacific Blue continue direction Cap Verde et Brésil.
Le Kismet prendra la route direction des Caraïbes.

Moi j’ai opté pour un hiver en Algarve.
Je remonte direction Lagos, une belle marina en plein centre d’un grand village, avec tout ce qu’il faut pour une vie heureuse… Matériellement parlant bien sur.

Dans mes récits précédents je vous avais avoué ma peur pour une panne de pompe à eau du moteur Bukh.
Comme Cadiz-Lagos est une belle trotte, j’avais prévu faire trois étapes : 1- Cadiz-Faro, une nav d’environ 12h, pour y passer la nuit tranquille dans le lagon. 2- Faro-Alvor et rester dans ce bel endroit au mouillage jusqu’au 15 Sept. 3- Alvor–Lagos, juste à côté.
Avec l’espoir de faire la majorité du voyage à la voile.
Comme il y à quelques mois j’avais vraiment pratiquement fait toute la descente au moteur, le vent continuellement dans le pif.
Ou pas de vent du tout…
Je me disait que pour remonter cela doit être un régal a la voile.
Et la météo prévoyait un vent favorable pour remonter la côte.

A 8h du mat je largue mes amarres, quitte le ponton du Club Nautico et traverse la belle baie de Cadiz à la voile avec un soleil se levant dans le dos. Encore un superbe spectacle…
Malheureusement après une demi-heure le vent tombe, j’avance à 2,5 nœuds et suis obligé de lancer mon moteur.
Cinq heures plus tard je navigue toujours au moteur !
Avec une houle de 2,5 à 3m de face !
Vraiment de quoi décourager un amateur de voile…
Je remarque que la température du Bukh commence à monter…
Mon ventre commence à faire mal, je diminue le régime du moteur et traîne à 3-4 nœuds de moyenne…
Je vérifie mon réservoir de Diesel, déjà bien entamé…
A cette moyenne encore 9h de nav…
Je n’aurai jamais assez de carburant…
Mon ventre ce serre un peu plus…

Voyez sur la carte, et vous comprendrez que Cadiz-Faro est une traversée loin des côtes, aucun endroit ou aller… après 6h de nav je me trouve en plein milieu de nulle-part…
Je me demande ce que je fais la, pourquoi pas de vents favorables, pourquoi cette forte houle de face, pourquoi ce moteur qui commence à surchauffer, pourquoi … pourquoi toujours moi…
J’entends des dizaines de navigateurs raconter leur belles expériences de traversée etc… pourquoi je n’ai que des emmerdes et/ou des vents inutilisables voir gênant…
Pourquoi j’étais en Thailande à Noël il y à deux ans, pourquoi j’ai survécu le Tsunami et pas mes proches, pourquoi je n’ai pas de famille, pourquoi, pourquoi…
J’en ai marre, marre de vivre, marre de tout…
Si dieu existe vraiment, j’aimerai lui botter le cul…
Mais bon, je continue quand même… plus que 4heures, puis 3, puis deux… je compte les minutes… j’ai peur… peur d’une panne, peur de tomber à sec de carburant… de dériver vers le large… de devoir faire demi-tour pour regagner un port à la voile… encore des heures et des heures de nav… j’en ai marre… ou ce trouve le bouton «STOP» ou «PAUZE» ??? il n’y en a pas… faut continuer…
Puis je pense a ceux qui rêvent d’être à ma place et me dit que je devrait arrêter de me plaindre…

Enfin je vois le phare de Faro, j’entre la passe à 22h30 et 15 minutes plus tard je suis au mouillage cuisinant mon souper bien mérité.
Heureusement que je connaît déjà bien l’endroit…
Arriver en pleine nuit dans un endroit étranger et devoir se mettre au mouillage n’est pas vraiment agréable ni rassurant…

Le lendemain matin je gonfle l’annexe, j’embarque mes deux jerrycan et direction Olhao.
On est Vendredi, jour du marché, plein de monde.
Sympa, très sympa ce petit village !
Dommage que je n’ai personne avec qui partager ce bonheur.
J’attache mon annexe et me rend à pied jusqu’à la station de service pour faire le plein de Diesel.
Puis retour sur MJ avec 40L de fuel, assez pour une dizaine d’heures de nav… aucun problème jusqu’à Lagos…
Je remonte l’ancre et me voilà parti par marré montante.
Pour sortir du lagon j’ai mis 1h !!
Le courant à 3,5 nœuds, parfois 4 nœuds !!
Comme je n’ose plus lancer mon Bukh a fond, cause surchauffe, j’ai du mettre grande voile et génois pour sortir !
Heureusement que cette fois j’avais un vent favorable…
MJ sort enfin du lagon, changement de cap et me voilà parti pour 4 heures de nav, toujours a voile et moteur…

Une heure plus tard le moteur surchauffe à nouveau.
Une marina juste devant moi, Villamoura.
J’y entre pour vérifier mon Bukh et passer la nuit.
Une marina de luxe, sympa mais cher.
Mais je le savais déjà.
Je parviens à provisoirement éliminer mon problème de surchauffe et le lendemain matin tôt je continue ma remontée.
Je sait que j’arrive dans la région ou dés 15-16h le vent souffle à rafales… toujours du Nord… à éviter d’y naviguer !!
Trois heures plus tard j’arrive devant l’entrée de Portimao.
Soit j’y reste pour la nuit, soit je continue jusqu’à Lagos.
Encore 2h30. Mais le Bukh ronronne… tout va bien…
Je préfère continuer, car j’ai peur d’arrêter mon moteur et ne plus pouvoir le démarrer cause panne...
Et j’ai bien fait, car un vent favorable m’à aidé durant 2h de nav.
Arrivé 2 jours trop tôt à Lagos pour pouvoir utiliser le tarif spécial 9 mois, la marina m’à accepté quand même sans problèmes.
Sympa. Une nouvelle nuit tranquille et bien méritée…
Les journées sont toujours d’une chaleur écrasante, mais ici les nuits sont plus fraîches et bien plus agréables qu’à Cadiz.

Le lendemain matin tôt, profitant de la fraîcheur, je commence à démonter le mécanisme d’entraînement de la pompe à eau…
J’ai vraiment eu beaucoup de chance que cela à tenu jusqu’à Lagos !
Un des roulements c’est disloqué.
Deux bourrages sont morts et l’eau de refroidissement ce mélange également avec l’huile… une belle saloprie…
Je nettoie le tout et finalement plus de peur que de mal…
Mais il faudra d’abord acheter les pièces au Danemark et réparer !

Le lendemain matin un voilier pavillon Portugais entre dans la marina, à un emplacement au ponton derrière moi.
Au moment ou il est à ma hauteur une des deux femmes a bord me salue en disant : « goeie morgend, heb je goed geslapen ? »
Je lui demande comment une belle portugaise parle si bien le Nederlands, et les deux femmes me regardent en souriant…
Mais le capitaine est vraiment un incapable.
Il arrive relativement vite, trop vite, dans son emplacement.
Puis il renverse à fond les manettes.
Au même moment un des équipiers saute sur le ponton et glisse avec une jambe à côté du ponton.
Le bateau frappe le ponton avec le nez…
Le capitaine hurle comme un fou, se dirige vers l’avant de son bateau tout en gueulant sur son équipage…
Mais perd complètement le contrôle de son voilier.
Toujours à fond culant direction Miss July… Je me positionne à l’arrière de MJ me préparent au pire…
Au dernier moment le capitaine (ou devrai je dire le connard…) court vers la barre et accélère à fonds vers l’avant…
Oefff, MJ est sauvé, mais lui une fois de plus entre dans son emplacement beaucoup trop vite et heurte a nouveau le ponton.
Et il remet les gros mots portugais…
Genre « putain de connasse, espèce d’enfoiré » etc…
Toute la marina regarde… Vraiment un tarré…
Puis la jeune femme explose et lui répond dans le même langage.
Le connard lui répond violemment, et là c’est la deuxième femme qui explose…

Héééé bien, ce n’est pas vraiment « la croisière s’amuse » a bord de ce voilier… Une demi-heure plus tard je me balade sur le quai et vois les deux femmes ainsi qu’un jeune homme chez Pizza-Hut.
Ils me saluent, et on fait connaissance.
Les deux femmes, Allemandes vivant en Espagne, sont mère et fille de 17 ans. Ils sont monté à bord via contact Internet et vivent l’enfer depuis 3 jours avec ce fou de capitaine . Le jeune homme est Espagnol et ce trouve dans la même situation…
Mère et fille ont décidé d’abandonner le capitaine à son sort et de quitter le voilier. Ils me demandent si je connaît un petit hôtel pas trop chère pour quelques jours…
Je leur propose de loger sur MJ le temps de trouver une solution, ils visitent MJ et acceptent avec joie…

Non seulement cela me changera les idées, mais en plus les deux nana sont pas mal du tout !
Ils partent se promener et reviennent avec de la nourriture.
Le soir la mère nous prépare un super soupé…
Finalement ils sont resté 3 nuits, super sympa…
Ils vivent à Malaga, et quand j’y passerai on se reverra pour sur !!

Samedi je prend l’avion direction Bruxelles.
Comme je n’ai pas très envie de monter sur faro en bus ou en train,
J’ai trouvé une solution divertissante.
Un Broker à 2 voiliers à vendre sur Portimao, et 1 à Faro.
Je leur montre mon intérêt pour ces trois voiliers.
Ils me proposent naturellement une visite.
Demain ils me conduisent à Portimao ou je vais visiter un Dehler 39 et un Hans Christian 41, puis on va à Faro pour y visiter un Ketch 47.
Moi je reste à Faro…
Comme mon avion décolle fin de journée, cela me rempli ma journée d’une manière très agréable et j’ai un transport gratuit dans une belle BMW équipé avec airco et tout…
Pas mal comme idée, non ?

Voilà, c’est tout pour le moment…
Comme je remonte en Belgique pour quelques semaines, et qu’ensuite je devrai réparer-reviser mon Bukh, je serai cloué dans la marina pour un certain temps.

En attendant, amicalement, Luc

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