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MJ13:
Royan - Santander
13/06/2006
Mon
site http://pg.photos.yahoo.com/ph/lucmagnus/my_photos
Coucou,
je suis toujours là…
Après
3 nuits tranquilles au vieux port de Royan, sympa, surtout par la visite
surprise de Patrick et sa copine, que j’ai rencontré sur son cata LAGOON 410
tout neuf à La Rochelle juste avant mon départ.
La
météo annonçait une mer calme et des vents de 3-4 bft, devenant mer avec
petite houle dans la nuit. Lendemain également favorable.
A
5h30 le départ, direction Gijon. Au moteur car pas un pet de vent.
A
midi toujours au moteur… mais avec la houle qui me pousse.
Comme
j’ai une estimation de 37h de nav, pas assez de fuel à bord, de ce fait je
change mon cap sur Santander.
Dans
l’après-midi le vent se lève un peu et je hisse mon spi.
Pour
lui donner du volume j’affale ma grande voile.
Tout
va super bien, j’ai une moyenne de 6noeuds et sans moteur. J’économise sur
mon carburant, après tout c’est un voilier !!!
Je
rentre dans un nuage de mouches… ils me prennent pour une merde ? car MJ est
envahi de mouches et mouchettes, également des abeilles… vraiment bizarre…
je les observe, ils se lavent un peu, puis me quittent. Seul quelques mouches
s’y sentent bien et restent.
Aucun
navire en vue, je suis tout seul -tout seul -tout seul…
Je
vais dormir un peu, avec mon alarme-cuisson sur 20 minutes.
3
contrôles à l’heure, cela devrait le faire…
Il
fait beau, la mer est éclairée par une lune très forte, j’ai vu des
dauphins… la vie est belle !!! trop belle ??…
Le
vent tourne un peu, je règle mon spi et retourne dormir.
A
minuit je suis réveillé par un bruit bizarre.
Je
sens MJ rouler dans tous les sens.
Je
sors temps bien que mal, car MJ bouge vraiment beaucoup !
Catastrophe,
le vent a tourné de 180°.
Mon
spi entouré autour du mat.
Allez,
hop, on démarre le moteur et on tourne MJ de manière à dégager le spi tant
bien que mal. Heureusement que j’ai une chaussette qui me facilite la tache.
Mais
faire tout cela seul, sur une mer formée…
Parce
qu’entre-temps la houle qui me poussait doucement a changé en une mer
cassante à 45° de face…
Sans
aucune voile dehors, avec la mer et le vent dans le pif, MJ doit boxer son
chemin à l’aide du Bukh (moteur).
Et
la peur s’installe… si mon pilo (pilote automatique sur bar-franche) me lâche
? une panne de courant ? ou pire encore une panne de moteur ? Aurai-je assez de
fuel pour arriver à Santander ? encore 17h de nav dans de telles conditions…
Je
vérifie si tout est bien verrouillé-fixé, contrôle une dernière fois mon
cap, et redescend temps bien que mal pour attendre…
Les
vagues se jettent au-dessus du pont, un bruit d’enfer avec de l’eau partout
sur mes plexi latéraux… un vrai sous-marin qui se prépare à plonger… et
suis loin d’être rassuré… surtout qu’en plus à chaque fois que le nez
s’enfonce dans une vague il y à un bruit cassant assez violent… je regarde
par le petit plexi frontal et voit que c’est mon ancre qui reçoit des claques
et qui se détache…
Je
n’ai pas le choix, je dois m’habiller avec ma combi et sortir fixer cette
maudite ancre !
Essayez
d’attacher une ancre à un balcon, les pieds dans de l’eau qui coule
violemment et recevant non pas un seau mais une baignoire sur la tête toutes
les 4-5 secondes !!!
J’aurai
mieux fait de mettre une combi de plongée…
Opération
réussie, pas sans mal, et retour à l’intérieur en se cognant partout avant
de s’affaler dans un coin sur mon spi, seul endroit accueillant dans de telles
conditions…
Allez,
tout va bien, encore 7h… puis 4H… que c’est loooong…
Je
n’en peux plus, j’ai envie de pousser sur un bouton STOP…
Mais
cette option n’est pas prévue…
Entre-temps
le jour c’est levé, dans un brouillard et une brume…
Hé
oui, cela en plus…
Je
me demande vraiment ce que je fais là…
Au
loin j’aperçois un grand ferry blanc, je ne dois plus être loin de
Santander, encore 3h d’après mon gps.
Je
rentre enfin dans la baie de Santander… brumeux mais jolie…
Au
loin je vois des grandes grues, une usine avec des citernes gigantesques… oui,
cela doit être une grande ville… tout ce que je n’aime pas… mais je
pourrai me remettre de cette traversée maudite… plus jamais !!! svp…
Si
je pouvais, je vendrais MJ sur place et partirais avec ma valise, mon ordinateur
et ma camera sous le bras, direction aéroport…
Mais
cela serait ridicule, encore de belles journées de nav m’attendent… A
partir de maintenant se sera du cabotage, comme tout le long de la côte française…
super quoi…
Mais
la pensée aux grandes traversées me fait peur…
Par
gros temps mon MJ est bien petit… et mon cœur aussi…
La
marina de Santander est une merde avec une majorité de vedettes et bateaux pour
la pêche au gros!
Très
cher, 30€ la nuit, pour une marina loin de tout !
Aucun
magasin dans les environs, le premier magasin d’alimentation est à 1h30 de
marche!
Un
aéroport juste à côté et c’est tout !
Des
douches gratuites, mais comme à l’internat, une salle vide avec 30 douches,
sans abris pour mettre ces vêtements ni rien…
Le
rêve pour les homosexuels car aucune intimité…
Tout
ce que je n’aime pas…
Et
à la capitainerie je vois un terminal ordinateur, je demande si je peux
regarder mon courrier… 4€ les 30 minutes !!! Ils sont fous ou quoi ??!!…
Quelle arnaque !!! Le prix de 6 pains en Espagne !!!
Heureusement
je capte un signal Wi-Fi de je ne sais ou…
Au
retour je croise le couple d’Anglais qui a quitté La Rochelle juste après
moi… Ils arrivent de Bilbao et continuent demain direction Gijon. Eux aussi
ont subis une traversée mouvementée…
Eux
aussi ont croisés un nuage d’abeilles… vraiment bizarre, non ?
Voilà,
cet après-midi je quitte Santander sous la pluie et dans une légère brume,
direction Gijon…
Pourquoi
à Royan je ne suis pas retourné à La Rochelle ? !!!
J’y
étais si bien…
J’ai
le cœur gros, les larmes aux yeux…
Mais
ainsi va la vie, sûrement que j’en rigolerai plus tard…
Mais
pour le moment… no comment…
A+… Luc
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