Bruxelles  Royal Yacht Club

MJ11    
 

info mariphones

nvl réglementation

 


Accueil
remonter


octobre 2008

 

 

 

Accueil remonter

 

MJ11: Camaret – La Rochelle                                        05/06/2006

 
Je vous envoie ce mail de La Rochelle.
Situation à Camaret :
Après 7 jours de tempête, avec des rafales de vent allant jusqu’à 120Km/h et une houle tellement forte qu’un des pontons de la marina s’est carrément arraché, les éléments se sont enfin calmés et je peut poursuivre ma descente vers le Sud.
 
J’ai encore fait pas mal d’amis durant mon séjour à Camaret.
Les deux bonhommes du Nefertiti sont vraiment des numéros…
J’ai aidé la capitainerie avec divers besognes comme fixer des pontons arrachés, déplacer des voiliers trop lourd pour les pontons, aider à remorquer un Sun-Fast 43 qui est rentré à la voile car une grosse déferlante les à inondés et à envoyé de l’eau via l’échappement dans le moteur… moteur cassé… etc… etc…
Des Italiens qui ont subi du 11-12 Bft dans la Manche!
 
(du coup je n’ai payé que 90€ pour mon séjour, au lieu de 9x 17€)
 
Un couple d’Anglais assez inexpérimenté descend avec Running-Free, un Catamaran, direction Portugal.
Arrivé à Camaret accompagné d’un skipper qui à du les quitter, ils ont les chocotes pour traverser le Raz de Sein…
Alors je leur propose de me suivre…
Après tout, si mon GPS me lâche ou autre catastrophe ils pourront m’être utiles…
 
Quitté Camaret à 13h, une fois sortie du Goulet de Brest je rentre dans un brouillard épais. Alors obligé de choisir une route sur, pas de rase – caillou mais une courbe bien large en contournant les bouées et autres repères. Merci à NAVMAN pour son chartplotter, sans qui jamais je ne voyagerait dans de tels conditions !
Vraiment super, je combine un voyage virtuel sur écran avec la réalité invisible à l’œil nu.
A la VHF j’entend : ‘’Miss July – Miss July, this is Running Free, i’ve lost you, I don’tb see you anymore …’’
Le Cata me perd de vue…, 10 min plus tôt je lui disait encore qu’il se trouvait trop à l’Est… enfin…
Je lui dit que je part à sa recherche et fais demi-tour.
Trois autres voiliers dans les parrages, visibilité nulle, tout au radar !
Un très bon exercice !!!
Mais cet idiot panique et commence à changer de cap…
Finalement on se retrouve, et je leur conseille de me coller au cul pour la suite.
 
Après 4h de voile j’arrive au Raz de Sein… et j’ai l’impression de me trouver dans une machine à laver !!!
J’imagine la tête des Anglais, et je me marre…
Des vagues et houle dans tous les sens… avec une visibilité de +/- 50m, et des courants impressionnants !!!
N’oublions pas que l’océan à du subir 6 jours de tempête…
Environ 15 minutes franchement réveillantes, puis changement de cap et broum-broum durant 1h30 jusqu’à la pointe de Lervily.
Puis changement de cap, direction Audierne, et dérouler enfin à nouveau les voiles.
Aaahh, ca va déjà beaucoup mieux…
Une mer avec une forte houle, mais régulière, j’avance à 7-8 nœuds.
Le Cata ne sait pas me suivre, il est trop lent…
Une fois de plus j’apprécie mon Standfast !
 
D’après mon NAVMAN je devrais être à Audierne, mais on ne voit quedalle… puis je vois une ombre gigantesque droit devant…
C’est la jetée de protection de la rade… vite virer de bord et tranquilos contourner ce bras qui va nous protéger de la forte houle durant la nuit… On prend une bouée de mouillage, et je me marre quand je vois les Anglais s’y reprendre à 4 fois…
Le lendemain matin encore du brouillard…
Je vois des rochers, une petite plage, quelques maisons…
Pas vraiment envie de rester planté là a ne rien voir, profitons d’une mer clémente et continuons direction Bénodet…
J’informe les Anglais de ma décision, lui panique un peu mais sa femme le persuade de me suivre. Après tout le plus dur est passé, et tout allait très bien. (sauf quand il m’avait ‘’ perdu de vue ‘’)
 
Et c’est parti mon kiki, premier cap Pointe de Penmarch, deuxième cap direction Ile aux Moutons, puis troisième cap Anse de Bénodet.
Le tout dans un brouillard total. A hauteur de Lesconil un superbe vieux gréement tout voiles dehors nous frôle, sorti du brouillard tel un bateau - fantôme… Ils sont fou… ou inconscient… ou bien… j’avais rêvé ??!!… non, car le cata les avait également vu…
Un autre moment nous fonçons droit sur un gros bateau de pêche.
C’est fou, l’océan est gigantesque, mais chaque fois nous frôlons un autre bateau ou une bouée de pêcheurs ou autre obstacle à la con …
 
J’arrive dans l’Anse de Bénodet sous voile, à 8 Nœuds, avec un brouillard qui se lève et nous donne un spectacle extraordinaire.
Je remonte le fleuve Odet durant 1h, avec des vues à vous couper le souffle. Il est vrai que l’Odet à la réputation d’être le plus beau fleuve de la France. On pirate deux bouées, une fois de plus j’ai un spectacle en observant les Anglais au mouillage…
Surtout que l’Odet est un fleuve avec du courant…
Un moment donné ils sont à deux à tirer, avec chacun une gaffe, sur la bouée. Au lieu d’y fixer vite-fait un bout…
Puis la bouée arrache la gaffe des mains de la bobonne…
Son mari qui commence à l’engueuler etc…
 
Je largue mon amarre, descend au moteur à fond le courant, puis me met nez dans le courant repêchant ainsi sa gaffe avec la mienne.
Opération réussie, un très bon exercice !
 
Je remonte à ma place, prend la bouée sous le regard ébahi des Anglais, et je me prépare à manger. Les Anglais ne m’invitant pas à bord… Bon, c’est noté…
Puis on se prépare pour dormir, la VHF sur veilleuse en cas ou…
La marée se renverse et le fleuve commence à prendre de la vitesse… normal quoi… Mais un phénomène de tourbillons fait qu’au lieu de tirer sur la bouée nous remontons le courant et dépassons la bouée, puis redescendons etc… Je trouvais cela amusant, l’Anglais avait vraiment peur…
 
A 21h la VHF me dit ‘’Miss July, Miss July, I’m in trouble, i think i’ve lost my boei ‘’…
Je sort et vois le cata qui vire de gauche à droite etc, comme moi, mais toujours bien amarré à la bouée. Comme c’est marée descendante la chaîne des bouées devient de plus en plus longue. Normal quoi. Et de ce fait nous dévions de plus en plus de gauche à droite, toujours normal pour moi… Mais le Rosbif panique, il ne pourra pas passer la nuit dans ces conditions et désire descendre le fleuve jusqu’à la marina de Bénodet…
Je lui demande si il à déjà navigué sur un fleuve avec des courants violents, il me répond non… On n’est pas dans la merde…
Moi j’ai remonté puis descendu l’embouchure du Rhône jusqu’à Arles, et je sait que ce n’est pas toujours de la tarte.
Ici le fleuve à par endroits une largeur d’à peine 20m, pour moi qui cale à 1m80 cela veut dire que j’ai moins de12m au centre…
Mon écran-vitesse indique 1,8noeuds, je suis au mouillage !
De ce fait j’imagine que certaines courbes étroites, que l’on avait passé, doivent avoir +3 nœuds de courant ! Comme on doit avancer à minimum 4 nœuds sur l’eau pour maîtriser nos bateaux dans de tel conditions cela veut dire que nous allons redescendre à 7-8 nœuds…
Pas beaucoup de marge de manœuvre !
Que va faire le cata ??!!…
 
Bon, ben, on n’à pas le choix…
J’avais déjà préparé MJ pour la nuit, installé mon antenne télé etc…
Mais en bon gentlemen je ne peut pas les laisser seul dans cette aventure, et je libère MJ pour entamer ma descente…
Je fonce à 9 nœuds au sol sur gps, le cata collé derrière moi…
A chaque virage serré et étroit je souffle dans ma corne de brume.
Nous avons priorité, mais il faut prévenir un éventuel bateau qui remonte le courant.
Tout se termine très bien, on arrive à la marina ou je les laisse s’amarrer au ponton visiteurs. Encore du spectacle !
Puis tout en douceur je m’approche du ponton, au moteur et nez au courant, et j’amarre MJ avec le taquet central.
Je termine avec les gardes etc, quand je vois les deux qui sont encore en pleine agitation avec des bouts, des par-bat etc…
Un moment donné il est assis sur le ponton, poussant son cata avec ses pieds, pour que sa femme glisse un par-bat supplémentaire.
Il perd sa chaussure… hahahahaa… je cours au bout du ponton ou je ramasse sa chaussure flottant sur le courant…
Je la lui rend, en disant 1-1 avec la gaffe de Missis…
 
J’espérais qu’ils payent ma nuit à la marina, après tout c’est pour eux que j’y suis… mais en vain… encore noté !!!
 
Le lendemain matin je les vois sur le ponton.
Je leur signale que rester dans la marina ne m’intéresse pas.
Et leur propose de se retrouver demain matin 7h quelque part en mer sur le cap direction Ile de Groix.
Ils paniquent un peu, ben ils n’avaient qu’à proposer de payer ma nuit… et je quitte le ponton à la voile, direction Concarneau.
Arrivé uniquement à la voile, même pas démarré le moteur, une après-midi très agréable, j’amarre MJ.
La Capitainerie est déjà fermé… tant mieux…
Je sort mon petit vélo et fait une promenade touriste-photos…
Au retour je remarque un Bénetau au ponton, qui ressemble fort à celui se trouvant derrière le Nefertiti à Camaret.
Effectivement, c’est lui… le KISMET … retrouvailles sympa, invitation à bord, petit souper etc … super quoi…
Ils comptent également quitter Concarneau direction Ile de Groix, et m’invitent déjà à souper avec eux. Très sympa.
Egalement un Anglais, marié avec une Indienne, mais vachement plus sympa que ceux du cata…
En plus ils font un  tour du monde tranquilos, comme moi…
Sur qu’on va se revoir encore aux Canaries, Cap Verde ou autre !!
 
Le lendemain matin 6h je largue mes amarres.
Encore une nuit à l’œil dans une marina …
6h de nav, uniquement à la voile, dont 4h sous spi.
Un  régal ! Arrivé dans le tout petit Port-Tudy, d’abord une petite promenade, puis aider les autres qui arrivent … faut bien s’occuper un peu… D’abord arrive le cata, 1h30 après moi… puis arrive également le KISMET.
 
Le cata me demande mes plans pour les jours à venir…
Je l’informe avoir l’intention de quitter demain matin direction Belle-Île. Ici la marina me coûte 22€ + 2,5€ pour un jeton de douche et je n’ai pas envie de me ruiner en marina.
Il me demande si je suis d’accord de rester 1jour de plus et de l’attendre, car il est crevé de cette nav et à peur de continuer sans moi… hihihihi… et il propose de payer ma marina supplémentaire… aaahhh… quand-même… aurait-il enfin compris ??!!
 
Le soir deuxième souper sur le KISMET, puis dodo.
Le lendemain petite promenade sur l’île, puis le grand nettoyage sur MJ, suivi d’une dose de ‘’ne rien faire’’.
Il fait un soleil radieux, 4 Bft, un temps de nav…
Le cata vient me saluer, il me demande si je suis déjà passé à la capitainerie. Je lui dit non. Puis il me donne deux reçus et me fait savoir qu’il à payé mes deux nuits. Sympa.
A mon avis il commence à avoir la trouille que je le largue…
Il est vrai que j’avais vraiment envie de continuer à naviguer !
 
Le lendemain matin 7h on à largué les amarres, direction Le Palais à Belle-Ile, ensuite direction Ile d’Houat / Ile d’Hoedic / Ile de Noirmoutier (Plage des Sables d’Or) pour passer la nuit à Pornichet.
Suivi de l’Herbaudière.
Ils etaient crevés, moi j’étais sur ma lancée et mourrais d’envie de continuer à naviguer. Alors je les ai quitté, direction Ile d’Yeux.
Arrivé à 22:00h, et le hasard à fait que j’y ai retrouvé mes amis du KISMET. Mais le lendemain matin 5:30h j’ai quitté Ile d’Yeux direction Les Sables-d’Olonne. Pas terrible ! Très grande marina, mais la ville etc ne vaut pas le détour ! Le lendemain soir j’ai quitté les Sables-d’Olonne pour l’Ile de Ré, suivi par La Rochelle, d’ou je vous envoie ce message.
Sur le point de vue du progrès informatique, pas terrible la France, ce n’est que la deuxième Marina équipé avec WiFi sur tout mon trajet… Mais pas mal de nouvelles photos dans mon album Bretagne.
 
Dans +/- 3 jours je quitterai La Rochelle direction Gijon, en Espagne.
 
A+,
Luc

 

  *  

01-2006>221104 visites>12-2007

Pages trouvées

Dernière maj:14/06/2008.

hosting BELGI.NET

 
BRUXELLES ROYAL YACHT CLUB 
1, Chaussée de Vilvorde  1020 Bruxelles  -  Belgique
Email:info@bryc.be     tel: +32(0)2.216.48.28  GSM:+32(0) 475.585.707 Fax: +32(0)2.245.62.22.