MJ11:
Camaret – La Rochelle
05/06/2006
Je
vous envoie ce mail de La Rochelle.
Situation
à Camaret :
Après
7 jours de tempête, avec des rafales de vent allant jusqu’à 120Km/h et une
houle tellement forte qu’un des pontons de la marina s’est carrément
arraché, les éléments se sont enfin calmés et je peut poursuivre ma
descente vers le Sud.
J’ai
encore fait pas mal d’amis durant mon séjour à Camaret.
Les
deux bonhommes du Nefertiti sont vraiment des numéros…
J’ai
aidé la capitainerie avec divers besognes comme fixer des pontons arrachés,
déplacer des voiliers trop lourd pour les pontons, aider à remorquer un
Sun-Fast 43 qui est rentré à la voile car une grosse déferlante les à
inondés et à envoyé de l’eau via l’échappement dans le moteur…
moteur cassé… etc… etc…
Des
Italiens qui ont subi du 11-12 Bft dans la Manche!
(du
coup je n’ai payé que 90€ pour mon séjour, au lieu de 9x 17€)
Un
couple d’Anglais assez inexpérimenté descend avec Running-Free, un
Catamaran, direction Portugal.
Arrivé
à Camaret accompagné d’un skipper qui à du les quitter, ils ont les
chocotes pour traverser le Raz de Sein…
Alors
je leur propose de me suivre…
Après
tout, si mon GPS me lâche ou autre catastrophe ils pourront m’être
utiles…
Quitté
Camaret à 13h, une fois sortie du Goulet de Brest je rentre dans un
brouillard épais. Alors obligé de choisir une route sur, pas de rase –
caillou mais une courbe bien large en contournant les bouées et autres repères.
Merci à NAVMAN pour son chartplotter, sans qui jamais je ne voyagerait dans
de tels conditions !
Vraiment
super, je combine un voyage virtuel sur écran avec la réalité invisible à
l’œil nu.
A
la VHF j’entend : ‘’Miss July – Miss July, this is Running Free,
i’ve lost you, I don’tb see you anymore …’’
Le
Cata me perd de vue…, 10 min plus tôt je lui disait encore qu’il se
trouvait trop à l’Est… enfin…
Je
lui dit que je part à sa recherche et fais demi-tour.
Trois
autres voiliers dans les parrages, visibilité nulle, tout au radar !
Un
très bon exercice !!!
Mais
cet idiot panique et commence à changer de cap…
Finalement
on se retrouve, et je leur conseille de me coller au cul pour la suite.
Après
4h de voile j’arrive au Raz de Sein… et j’ai l’impression de me
trouver dans une machine à laver !!!
J’imagine
la tête des Anglais, et je me marre…
Des
vagues et houle dans tous les sens… avec une visibilité de +/- 50m, et des
courants impressionnants !!!
N’oublions
pas que l’océan à du subir 6 jours de tempête…
Environ
15 minutes franchement réveillantes, puis changement de cap et broum-broum
durant 1h30 jusqu’à la pointe de Lervily.
Puis
changement de cap, direction Audierne, et dérouler enfin à nouveau les
voiles.
Aaahh,
ca va déjà beaucoup mieux…
Une
mer avec une forte houle, mais régulière, j’avance à 7-8 nœuds.
Le
Cata ne sait pas me suivre, il est trop lent…
Une
fois de plus j’apprécie mon Standfast !
D’après
mon NAVMAN je devrais être à Audierne, mais on ne voit quedalle… puis je
vois une ombre gigantesque droit devant…
C’est
la jetée de protection de la rade… vite virer de bord et tranquilos
contourner ce bras qui va nous protéger de la forte houle durant la nuit…
On prend une bouée de mouillage, et je me marre quand je vois les Anglais
s’y reprendre à 4 fois…
Le
lendemain matin encore du brouillard…
Je
vois des rochers, une petite plage, quelques maisons…
Pas
vraiment envie de rester planté là a ne rien voir, profitons d’une mer clémente
et continuons direction Bénodet…
J’informe
les Anglais de ma décision, lui panique un peu mais sa femme le persuade de
me suivre. Après tout le plus dur est passé, et tout allait très bien.
(sauf quand il m’avait ‘’ perdu de vue ‘’)
Et
c’est parti mon kiki, premier cap Pointe de Penmarch, deuxième cap
direction Ile aux Moutons, puis troisième cap Anse de Bénodet.
Le
tout dans un brouillard total. A hauteur de Lesconil un superbe vieux gréement
tout voiles dehors nous frôle, sorti du brouillard tel un bateau - fantôme…
Ils sont fou… ou inconscient… ou bien… j’avais rêvé ??!!…
non, car le cata les avait également vu…
Un
autre moment nous fonçons droit sur un gros bateau de pêche.
C’est
fou, l’océan est gigantesque, mais chaque fois nous frôlons un autre
bateau ou une bouée de pêcheurs ou autre obstacle à la con …
J’arrive
dans l’Anse de Bénodet sous voile, à 8 Nœuds, avec un brouillard qui se lève
et nous donne un spectacle extraordinaire.
Je
remonte le fleuve Odet durant 1h, avec des vues à vous couper le souffle. Il
est vrai que l’Odet à la réputation d’être le plus beau fleuve de la
France. On pirate deux bouées, une fois de plus j’ai un spectacle en
observant les Anglais au mouillage…
Surtout
que l’Odet est un fleuve avec du courant…
Un
moment donné ils sont à deux à tirer, avec chacun une gaffe, sur la bouée.
Au lieu d’y fixer vite-fait un bout…
Puis
la bouée arrache la gaffe des mains de la bobonne…
Son
mari qui commence à l’engueuler etc…
Je
largue mon amarre, descend au moteur à fond le courant, puis me met nez dans
le courant repêchant ainsi sa gaffe avec la mienne.
Opération
réussie, un très bon exercice !
Je
remonte à ma place, prend la bouée sous le regard ébahi des Anglais, et je
me prépare à manger. Les Anglais ne m’invitant pas à bord… Bon, c’est
noté…
Puis
on se prépare pour dormir, la VHF sur veilleuse en cas ou…
La
marée se renverse et le fleuve commence à prendre de la vitesse… normal
quoi… Mais un phénomène de tourbillons fait qu’au lieu de tirer sur la
bouée nous remontons le courant et dépassons la bouée, puis redescendons
etc… Je trouvais cela amusant, l’Anglais avait vraiment peur…
A
21h la VHF me dit ‘’Miss July, Miss July, I’m in trouble, i think i’ve
lost my boei ‘’…
Je
sort et vois le cata qui vire de gauche à droite etc, comme moi, mais
toujours bien amarré à la bouée. Comme c’est marée descendante la chaîne
des bouées devient de plus en plus longue. Normal quoi. Et de ce fait nous dévions
de plus en plus de gauche à droite, toujours normal pour moi… Mais le
Rosbif panique, il ne pourra pas passer la nuit dans ces conditions et désire
descendre le fleuve jusqu’à la marina de Bénodet…
Je
lui demande si il à déjà navigué sur un fleuve avec des courants violents,
il me répond non… On n’est pas dans la merde…
Moi
j’ai remonté puis descendu l’embouchure du Rhône jusqu’à Arles, et je
sait que ce n’est pas toujours de la tarte.
Ici
le fleuve à par endroits une largeur d’à peine 20m, pour moi qui cale à
1m80 cela veut dire que j’ai moins de12m au centre…
Mon
écran-vitesse indique 1,8noeuds, je suis au mouillage !
De
ce fait j’imagine que certaines courbes étroites, que l’on avait passé,
doivent avoir +3 nœuds de courant ! Comme on doit avancer à minimum 4 nœuds
sur l’eau pour maîtriser nos bateaux dans de tel conditions cela veut dire
que nous allons redescendre à 7-8 nœuds…
Pas
beaucoup de marge de manœuvre !
Que
va faire le cata ??!!…
Bon,
ben, on n’à pas le choix…
J’avais
déjà préparé MJ pour la nuit, installé mon antenne télé etc…
Mais
en bon gentlemen je ne peut pas les laisser seul dans cette aventure, et je
libère MJ pour entamer ma descente…
Je
fonce à 9 nœuds au sol sur gps, le cata collé derrière moi…
A
chaque virage serré et étroit je souffle dans ma corne de brume.
Nous
avons priorité, mais il faut prévenir un éventuel bateau qui remonte le
courant.
Tout
se termine très bien, on arrive à la marina ou je les laisse s’amarrer au
ponton visiteurs. Encore du spectacle !
Puis
tout en douceur je m’approche du ponton, au moteur et nez au courant, et
j’amarre MJ avec le taquet central.
Je
termine avec les gardes etc, quand je vois les deux qui sont encore en pleine
agitation avec des bouts, des par-bat etc…
Un
moment donné il est assis sur le ponton, poussant son cata avec ses pieds,
pour que sa femme glisse un par-bat supplémentaire.
Il
perd sa chaussure… hahahahaa… je cours au bout du ponton ou je ramasse sa
chaussure flottant sur le courant…
Je
la lui rend, en disant 1-1 avec la gaffe de Missis…
J’espérais
qu’ils payent ma nuit à la marina, après tout c’est pour eux que j’y
suis… mais en vain… encore noté !!!
Le
lendemain matin je les vois sur le ponton.
Je
leur signale que rester dans la marina ne m’intéresse pas.
Et
leur propose de se retrouver demain matin 7h quelque part en mer sur le cap
direction Ile de Groix.
Ils
paniquent un peu, ben ils n’avaient qu’à proposer de payer ma nuit… et
je quitte le ponton à la voile, direction Concarneau.
Arrivé
uniquement à la voile, même pas démarré le moteur, une après-midi très
agréable, j’amarre MJ.
La
Capitainerie est déjà fermé… tant mieux…
Je
sort mon petit vélo et fait une promenade touriste-photos…
Au
retour je remarque un Bénetau au ponton, qui ressemble fort à celui se
trouvant derrière le Nefertiti à Camaret.
Effectivement,
c’est lui… le KISMET … retrouvailles sympa, invitation à bord, petit
souper etc … super quoi…
Ils
comptent également quitter Concarneau direction Ile de Groix, et m’invitent
déjà à souper avec eux. Très sympa.
Egalement
un Anglais, marié avec une Indienne, mais vachement plus sympa que ceux du
cata…
En
plus ils font un tour du monde
tranquilos, comme moi…
Sur
qu’on va se revoir encore aux Canaries, Cap Verde ou autre !!
Le
lendemain matin 6h je largue mes amarres.
Encore
une nuit à l’œil dans une marina …
6h
de nav, uniquement à la voile, dont 4h sous spi.
Un
régal ! Arrivé dans le tout petit Port-Tudy, d’abord une
petite promenade, puis aider les autres qui arrivent … faut bien s’occuper
un peu… D’abord arrive le cata, 1h30 après moi… puis arrive également
le KISMET.
Le
cata me demande mes plans pour les jours à venir…
Je
l’informe avoir l’intention de quitter demain matin direction Belle-Île.
Ici la marina me coûte 22€ + 2,5€ pour un jeton de douche et je n’ai
pas envie de me ruiner en marina.
Il
me demande si je suis d’accord de rester 1jour de plus et de l’attendre,
car il est crevé de cette nav et à peur de continuer sans moi… hihihihi…
et il propose de payer ma marina supplémentaire… aaahhh… quand-même…
aurait-il enfin compris ??!!
Le
soir deuxième souper sur le KISMET, puis dodo.
Le
lendemain petite promenade sur l’île, puis le grand nettoyage sur MJ, suivi
d’une dose de ‘’ne rien faire’’.
Il
fait un soleil radieux, 4 Bft, un temps de nav…
Le
cata vient me saluer, il me demande si je suis déjà passé à la
capitainerie. Je lui dit non. Puis il me donne deux reçus et me fait savoir
qu’il à payé mes deux nuits. Sympa.
A
mon avis il commence à avoir la trouille que je le largue…
Il
est vrai que j’avais vraiment envie de continuer à naviguer !
Le
lendemain matin 7h on à largué les amarres, direction Le Palais à
Belle-Ile, ensuite direction Ile d’Houat / Ile d’Hoedic / Ile de
Noirmoutier (Plage des Sables d’Or) pour passer la nuit à Pornichet.
Suivi
de l’Herbaudière.
Ils
etaient crevés, moi j’étais sur ma lancée et mourrais d’envie de
continuer à naviguer. Alors je les ai quitté, direction Ile d’Yeux.
Arrivé
à 22:00h, et le hasard à fait que j’y ai retrouvé mes amis du KISMET.
Mais le lendemain matin 5:30h j’ai quitté Ile d’Yeux direction Les
Sables-d’Olonne. Pas terrible ! Très grande marina, mais la ville etc
ne vaut pas le détour ! Le lendemain soir j’ai quitté les
Sables-d’Olonne pour l’Ile de Ré, suivi par La Rochelle, d’ou je vous
envoie ce message.
Sur
le point de vue du progrès informatique, pas terrible la France, ce n’est
que la deuxième Marina équipé avec WiFi sur tout mon trajet… Mais pas mal
de nouvelles photos dans mon album Bretagne.
Dans
+/- 3 jours je quitterai La Rochelle direction Gijon, en Espagne.
A+,
Luc
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