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octobre 2008
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EURONAV
BELGICA :Email du 10 octobre 2007 Voilà,
l’aventure est en route. L’Antarctique est en ligne de mire, ou plus précisément
Ushuaia. Nous prenons le large avec devant l’étrave 7500 milles d’océan. Petit
résumé des trois dernières semaines : Et avant tout, un préambule. Je vais continuer ici mes news comme toujours je les ai faites. Cela veut dire que se retrouveront sur ces pages ma vision, mes idées, mon point de vue de baladeur du monde ou de vagabond des mer de ce voyage avec Dixie Dansercoer. La version complète et l’esprit de team, important et indispensable lors d’une expédition, le but et les actions individuelles de chacun des sept membres sont présentés sur le site www.inthewakeofthebelgica.com. Il n’y a donc pas double emploi, et je vous invite aussi y à passer pour les news, les articles, les photos et les films. Nous dirons que vous trouverez là la version officielle et complète de l’aventure, tandis qu’ici ce sera ma chronique personnelle. Après
avoir rencontré Dixie Dansercoer, après avoir vu et essayé le bateau Euronav
Belgica, j’ai accepté la proposition qui m’était faite, à savoir devenir
le skipper de l’expédition In the Wake of the Belgica 2007 - 2008. Seulement,
prendre un bateau en main une semaine avant un départ c’est un peu juste.
Toutefois, il était prévu des escales aux Canaries et à Rio de Janeiro qui
allaient me permettre d’affiner la mise au point et sa préparation. J’avais
aussi trois jours de libre avant le départ pour réaliser les aménagements les
plus urgents. Ils furent très actifs ! Heureusement,
étaient prêtes et disponibles (sur papiers, dans l’ordi et dans ma tête)
toutes les listes des choses à faire ou à avoir pour un tel voyage :
l’avitaillement, les cartes nécessaires, les Sailing Directions… Cela me permit d’avancer vite. Avec
Rumen, mon first mate, nous amenons le bateau à Anvers le mercredi 12 septembre
pour diverses festivités qui ne sont pas dans mes habitudes ! Conférence
de presse, réception à la maison communale, réception et soirée privée
organisée par le sponsor Euronav, barbecue mondain… -
Bonjour, Monsieur, euh je
veux dire Baron, enfin Baron de Gerlache … (je manque de pratique) -
Voyons Michel, appelles-moi Bernard
… -
Bonjour Bernard ! (c’est
vrai que c’est plus simple pour moi !) Et le samedi 15 septembre 2007 après-midi, il est 16h10 quand à sept, le team au grand complet, nous prenons le départ officiellement du Royal Yacht Club of Belgium à Anvers. Le coup de canon tonne à 16H10 et marque le début officiel de l’expédition.
Notre
première petite étape va nous mener à Nieuport. A bord il y a André, belge,
qui sera second skipper lors des semaines antarctiques, Rumen, bulgare, le first
mate, Dixie Dansercoer, belge, le chef d’expédition, Laurent, suisse, le
photographe, Troy, américain d’Alaska, le cameraman et Pieterjan, belge,
responsable de la communication. En plus des rôles scientifiques et / ou
officiel de chacun, en dehors des trois marins, les quatre autres membres sont
aussi alpinistes, kite surfeurs, kayakistes… Mais nous n’en sommes pas
encore à faire les clowns dans la glace. Nuit
d’équinoxe, marée d’équinoxe, nous sortons de l’Escaut bien vite et
apprécions une navigation paisible vers Nieuport où nous attends la grande
surprise. Bien au dessus de ce que nous imaginions. Le dimanche 16 est une autre
journée de fête : la ville inaugure la nouvelle statue de Dixie en grande
pompe. Nous nous amarrons et des scouts viennent nous chercher. Après la
traversée du port nous nous retrouvons les invités de la réception
officielle. Poignées de mains, discours, photos, re-réception, champagne, des
amis et des au revoir. Il est déjà l’heure de retourner à bord. Nous
ne sommes plus que six, parce qu’André n’a pas embarqué, il nous
retrouvera en Antarctique. Quant aux autres, à part Rumen et moi, il est prévu
de les laisser aux Canaries, avant de les retrouver aussi en Antarctique. La
sortie du port fut grandiose. Déjà à l’arrivée l’estacade était noire
de monde, mais à la sortie, non seulement l’estacade était remplie, mais
aussi tout le chemin côtier. Sur l’eau, c’est simple, même le plus beau
des 15 août ensoleillé a dû être jaloux. Nous étions à la tête d’une
meute cornant à qui mieux mieux, il y avait la douane,la police, les secours en
mer, les pompiers et des centaines de bateaux, peut-être un millier. Dixie
ne s’attendait pas à recevoir un tel hommage ni à susciter un tel succès
populaire. Au bout de l’estacade il y eut encore un feu d’artifice et puis,
ça y était, nous étions en mer. Plus
lent que les autres, nous étions rattrapés par des amis qui nous tournait
autour avant de s’éloigner. Ainsi j’eus de plaisir de voir « La
Favorite » et de pouvoir saluer son capitaine Walter, grâce à qui je me
retrouvais à la barre de l’Euronav Belgica. C’est lui qui a renseigné mon
nom à Dixie. Nous
partons dans un cinq à sept beaufort à remonter. C’est somme toute un bon
test que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire faire au bateau.
J’ai déjà ressorti la liste des choses à faire qui est classée par degré
d’urgence, il y a plein de petites et moyennes améliorations à faire pour
que ce bateau réponde à mon standard de sécurité pour un trip dans les
glaces. Mais
ce qui m’inquiète dès le départ c’est que si on quitte le près serré,
la dérive de notre bateau cogne beaucoup même remontée à moitié. Ceci dit,
il y a peu de chance pour que ce soit vraiment grave et nous pourrons sans doute
atteindre les Canaries sans problème. Les discussions vont bon train à bord.
En fait s’il y a des réparations à faire, l’endroit où nous aurons le
plus de facilités pour les réaliser, où nous recevrons le plus d’aide et où
nous savons où trouver ce que nous avons besoin, c’est … Nieuport. Nous
sommes déjà au large de Dunkerque, cela signifie un demi-tour… ce n’est
pas très agréable à envisager. Un
autre aspect important à prendre en ligne de compte est celui du timing. Nous
avons 15 jours de marge. Nous comptons arriver à Ushuaia début décembre et en
repartir vers le 15. D’autre part, si nous bouleversons notre calendrier de
descente des Atlantiques, et faisons route sans escales, nous gagnons une
semaine. Le temps n’est donc pas un problème. Dixie
et moi pesons le pour et le contre et assez vite prenons la même décision.
Nous ne voulons pas jouer avec la sécurité, nous représentons par ailleurs
une compagnie maritime sérieuse et on ne part pas en mer sans la confiance
complète en le bateau. Dixie
a alors un long entretien téléphonique avec Ronny, le gars du chantier Ship
Support de Nieuport. Ouf, dès demain matin il peut sortir le bateau de l’eau
et il mettra les ressources nécessaires à notre disposition. La
nuit tombe quand nous virons de bord, retour à Nieuport. Ce n’est pas
glorieux, cela à un côté triste, on a un peu l’impression de trahir le
public qui, il y a quelques heures, nous fêtait, mais nous savons que c’est
pour mieux réussir l’expédition et justifier leur confiance. Il
est 22H00 quand nous nous amarrons. Le
verdict du lundi sera que l’axe de dérive devrait être remplacé par
prudence, ce que nous décidons de faire. Seulement la pièce mettra une semaine
minimum à nous parvenir. Ronny est alors d’accord pour faire toutes les
petites modifications que je désirais. En tout ce serons deux semaines de
travaux intensifs que nous traverserons avec à la clef, une Euronav Belgica que
j’estime maintenant 100% prête pour la mission qu’elle a à remplir et en
qui j’ai toute confiance. Nous
avons du coup revu l’organisation de la première phase de navigation.
Finalement nous partirons à quatre : en plus de Rumen, first mate,
j’aurai un second mate, Frans, qui est à l’école de Navigation d’Anvers
et qui a reçu une dérogation afin de pouvoir « faire un stage » de
deux mois à bord de l’Euronav Belgica et Dixie va naviguer quelques jours
avec nous, jusqu’à Camaret-sur-mer. A partir de là, nous filerons à trois
et en une étape vers Ushuaia où nous rejoindrons les autres membres de l’expédition.
C’est
le samedi 6 octobre 2007 que nous prenons la mer. Le départ a été annoncé
dans la presse et quelques personnes sont présentes et nous envoient des vœux
de bons vents. De ce côté, nous sommes vernis. Un Nord-Est de force 4 nous
emporte vers le sud tout en douceur. Et ô joie, le bateau se comporte à
merveille, toutes les transformations s’avèrent adéquates et nous prenons
beaucoup de plaisir dans ces heures et jours de navigation. Retrouvaille
avec les oiseaux pélagiques, rythme de quart et bateau de voyage, ligne de pêche
et travail de navigation, je retrouve avec un plaisir non dissimulé mes marques
du large. Nous voilà à nouveau en route vers de nouvelles aventures. A
bientôt Michel
TORDOIR PS :
merci à Catherine et Jean-Luc pour les photos du départ (17 septembre) et à Céline
pour le départ du 6 octobre. Merci
aussi à tous ceux qui m’ont marqué leur amitié ces dernières semaines et
que je n’ai pas remercié comme il se doit (ou peut-être pas remercié du
tout !) tant ces jours me virent concentré uniquement sur le bateau et mon
job. EURONAV
BELGICA News 34 :Email du 22 octobre 2007
Bonjour Pic Pas grand-chose à dire de la descente de l’Atlantique nord, la navigation sous les alizés n’est pas très variée, le vent est très stable, la mer est déserte, pas d’oiseaux, plein soleil. . . Les archipels se suivent, Madère, Canaries, nous pointons maintenant l’étrave vers le Cap Vert.
A bientôt, portes-toi bien, Michel
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